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Depuis plus de vingt ans, la seule série de Science Fiction qui m'ait réellement passionné est Cosmos 1999. Beaux vaisseaux, bons personnages, histoires intelligentes... j'en ai déjà parlé par ailleurs. Et depuis, rien ne m'avait vraiment accroché. Il faut dire que le genre était tombé en désuétude avant de faire un come back sous la forme de multiple Star Trek, puis l'arrivée de nouveautés comme Stargate SG1 ou Space 2063. Mais malgré cela, la SF n'a pas réussi à se renouveler et offrir une série digne de ce nom, jusqu'au jour...
L'astronaute John Crichton se prépare pour une mission spatiale. A bord du module Farscape 1, il va tenter de démontrer une théorie pouvant changer la vision des voyages dans l'espace. Malheureusement pour lui, peu après le début de l'expérience, son vaisseau va rencontrer un orage magnétique qui va le propulser loin, bien loin de notre planète.
(A quelques années lumières d'ici).
Pour bien commencer, le pauvre John se retrouve au beau milieu d'une poursuite interstellaire ou d'entrée de jeu il provoque accidentellement la destruction d'un appareil, avec à son bord le frère d'un officier supérieur extra-terreste, dit "pacificateur". Pas le temps de faire un constat, il est happé par un vaisseau Leviathan attaqué et cherchant à fuir. A son bord, des prisonniers échappés, un équipage que John se voit désormais contraint de rejoindre pour survivre à travers l'univers.
Sa différence avec les autres séries, Farscape la doit à de nombreux points. Sa galerie de personnages dans un premier temps. Seul humain de ce coin retiré de l'univers, John doit faire sa place au milieu d'innombrables races. Dans son nouveau vaisseau, il cotoit ainsi pas moins de 6 espèces.
Avant tout, il est bon de présenter Moya. Moya est le nom du vaisseau Léviathan dans lequel habite désormais John Chrichton. La particularité de cet appareil, c'est... qu'il est vivant ! Il s'agit en effet d'un bio-méchanoide, une sorte de créature de l'espace sur laquelle sont greffé des appareils de navigation. Il vit ainsi en symbiose avec ses occupants, il les transporte et ceux-ci s'occupent de lui.
Le vaisseau ne communique cependant pas directement avec eux. Pour cela, il y a Pilote. Pilote (sans doute est-ce un grade plus qu'un nom) pourrait être considéré comme un "parasite" de Moya. Son espèce vit dans l'espoir de pouvoir se greffer à un Leviathan. Et à partir de là, s'il il acquier la capacité de voyager à travers l'espace, il ne peut plus quitter son hôte, ni même se déplacer physiquement. Il fait parti du Leviathan, vit et meurt avec lui. En échange de cette découverte des étoiles, il aide au contrôle du vaisseau.
On croise ainsi Pa'U Zotoh Zhaan, une Delvienne (Delvian), une race végétale (!) qui vit avant tout pour la méditation, et possède ainsi certaines capacités psychiques comme celle de partager la douleur d'une personne. Emprisonnée sur Moya, Zhaan a un passé trouble et violent dont elle a réussi à se détacher. Mais elle même avoue qu'elle était à la tête des anarchistes de son espèces, et ainsi sans doute dangereuse.
Autre personnage, Ka D'Argo, un Luxan. C'est avant tout un guerrier, prêt à aller au combat à tout moment, sa meilleure défense étant l'attaque. Mais sous son aspect brutal, il est avant tout courageux, loyal et aspire à ce retirer de ce monde violent pour une vie plus paisible. Il n'aime pas parler de son passé, mais indique avoir tué un officiel supérieur. Il en sait cependant plus qu'il n'en dit.
Rygel le 16ème est lui un Hynerian. Petit par la taille, il est l'ancien souverain (dominar) de sa planète mais a été victime d'un putsch pendant son sommeil ! Il rêve depuis de prendre sa revanche sur son cousin auteur de cette bassesse. Mais lui même n'a pas une grandeur d'âme exceptionnelle. Sa devise serait plutôt "courage fuyons". Il se fait toujours passer avant les autres et pense avant tout à sa peau, en toutes circonstances. Pour ne pas aider, il n'a aucune manière lorsqu il mange et à la particularité de faire des gaz l'hélium. Au final, c'est surtout son sens de politicien magouilleur véreux qui est utile à l'équipe.
Enfin, l'officier Aeyrin Sun est une Cébacean et fait partie des pacificateurs. Il s'agit d'une espèce extrêmement proche physiquement de l'Humain. Cependant, la chaleur est un ennemi mortel de leur corps. Aeryn se retrouve embarqué bien malgré elle dans l'équipage de Moya qu'elle combat au début. Mais pour avoir côtoyé sans le vouloir les rebelles, sa tête est désormais mise à prix. Elle va alors découvrir une vie autre que celle tracé à l'avance par son statut de pacificateur. Une romance va aussi naître entre elle et John.
Les personnages à bord de Moya sont complexes. Ils ne se connaissent pas au début et son méfiants les uns envers les autres. Tous ont des objectifs bien différents. John veut retrouver le chemin de la Terre, Zhaan sa planète, D'Argo revoir son fils, Rygel récupérer son trône, Aeryn reprendre une vie normale. Des conflits d'intérêts qui ne vont pas faciliter la vie à bord, même si l'entraide est obligatoire pour survivre. Mais à la moindre occasion, tout peut voler en éclats. Trahisons, voir même lors d'un épisode mutilation, l'équipage est prêt à tout pour atteindre son but respectif, même si cela doit nuire aux autres. Et à ce petit jeu, Rygel remporte la palme de la traîtrise.
Car si Farscape traite souvent ses situations avec humour, la série n'en garde pas moins un aspect sombre. Cela peut se percevoir dès le générique (et même surtout sur celui de fin) qui n'évoque pas comme souvent par son thème la quête de l'univers et des grands espaces, mais fait plutôt appel à des sonorités graves, avec des sortes de chants de forçats en arrière fond. C'est avant tout un monde hostile, en guerre avec les pacificateurs, dans lequel il faut survivre.
Le soin apporté à la création des personnages est aussi un des points importants de la réussite de la série. La création des maquillages et des différentes créatures revient aux gens des Studios Jim Henson, de véritables génies ayant déjà prouvé leurs capacités au cinéma. Ainsi, pour la première fois dans une série TV, des aliens prennent vie et ne sont pas juste des humanoïdes avec des oreilles en pointes. On se rapproche de la qualité d'une production cinématographique, et cela ne peut que servir l'histoire. Il est plus facile d'accrocher aux personnages et de suivre leurs aventures lorsqu'on ne plaisante pas sur leurs accoutrements.
Décors et effets ne sont pas en reste. Les effets numériques, essentiellement des vues de vaisseaux dans l'espace, sont d'excellentes factures. Cela va d'ailleurs en s'améliorant au fil de la série. Le numérique n'aura jamais le charme d'une maquette, mais il faut avouer que c'est visuellement du très bon travail.
Les décors sont de qualités plus variables. J'avoue que lorsque l'équipage quitte Moya, je suis parfois un peu déçu. Les formes du studio se devinent, le carton du décor se ressent. Non que l'ensemble soit laid, c'est juste de qualité moindre par rapport au reste de la série. L'intérieur de Moya a par contre subit un soin beaucoup plus important, et surtout, ce décor semble immense. Le vaisseau n'est pas constitué uniquement d'une ou plusieurs pièces, il comprend aussi de nombreux couloirs, de longs couloirs. Il est follement agréable de suivre un personnage à la steadycam sur une longue distance, bien plus longue que ce a quoi on a l'habitude. Le vaisseau en devient réel et gigantesque. Le tout dynamise bien entendu la série.
Mon seul reproche niveau rythme provient de l'abus d'ellipses temporelles. En fait, lors d'une fermeture au noir qui chez nos cousins américains est synonyme de pause pub, on a l'impression que l'action continue à se dérouler. Cela donne lieu à des sauts dans le temps plus étranges que dérangeants, mais il m'arrive de se demander comment un personnage a changer de lieu sans grande explication.
Cela n'empêche pas la série d'avoir une excellente intrigue et de bons scénarios. La logique est d'ailleurs extrêmement présente. Les éléments sont distillés au fil des épisodes et l'univers de Farscape et de ses personnages se met ainsi en place avec une terrible logique. Les épisodes aux scénarios indépendants forment ainsi une grande fresque télévisuelle. D'ailleurs, au fil du temps, de nombreux épisodes sont à suivre sur plusieurs semaines, ce qui est rare de nos jours et rend la série encore plus passionnante.
Avec toutes ses qualités, Farscape a ouvert la voie à un renouveau de la SF à la télévision. Reste à savoir si des série vont s'engouffrer et nous faire revivre un âge d'or de ce genre malmené à une époque ou la technologie a pourtant bien évolué. Ma seule certitude, c'est qu'aujourd'hui, Cosmos 1999 n'est plus ma seule série de SF culte.
Alain
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